Réformes monétaires et Monnaies sous l'Empire romain


N.B. : Toutes les monnaies émises sous l'Empire romain sont taillées en fonction de la livre romaine, celle-ci pesant environ 325gr. Ainsi, le sigle 1/96eL pour le denier néronien signifie que l'on peut tailler théoriquement 96 deniers dans une livre. Le titre de fin est le contenu intrinsèque en métal précieux (or et argent) d'une monnaie, exprimé en millièmes. 

I - Le système augustéen :

Pour répondre au besoin en numéraire de bronze de la population de l'Empire, Auguste réforme le système monétaire entre 27 et 19 avant J.-C. Il propose ainsi un nouveau système de valeurs reposant sur le trimétallisme or, argent et bronze:

  • La monnaie d'or est représentée par l'aureus (8,12gr; 1/40eL) et le quinaire (3,99gr; 1/82eL)
  • La monnaie d'argent est représentée par le denier (3,96gr; 1/82eL) et le quinaire (1,94gr; 1/169eL)
  • La monnaie de bronze est représentée par des monnaies en laiton (appelé aussi orichalque, alliage de cuivre et de zinc) comme le sesterce (27,28gr; 1/12eL), le dupondius (13,64gr; 1/24eL) et parfois le semis (5,45gr; 1/60eL), et par des monnaies en cuivre comme l'as (10,91gr; 1/30eL), le semis (cf.précédent) et le quadrans (2,72gr; 1/120eL).

N.B.: De 15 avant J.-C. à 64 après J.-C., les monnaies précieuses (or et argent) sont frappées uniquement (?) dans l'atelier de Lyon. Le monnayage de bronze, sous le contrôle du Sénat (marque SC) est frappé à Rome.

L'équivalence entre ces monnaies est la suivante:

1 aureus = 25 deniers = 100 sesterces = 200 dupondii = 400 asses = 800 semisses = 1600 quadrantes

Ce système monétaire persiste juqu'au milieu du IIIe siècle mais subit cependant certains aménagements en fonction de l'évolution économique de l'Empire:

Ainsi, sous le règne de Tibère (14-37), il semble que le poids des monnaies précieuses est allégée: les aurei pèsent désormais 7,73gr (1/42eL) et les deniers 3,87gr (1/84eL).

En 41-42, au début du règne de Claude, le poids des monnaies de bronze est peut-être réajusté comme en témoigne l'existence d'un quadrans (RCV I n°1864) qui présente à l'avers une balance encadrant l'abréviation "PNR" que l'on développe habituellement par Pondus Nummorum Restitutum" ("le poids restauré des monnaies") ou par Ponderum Norma Restituta ("la normalité restaurée des poids")

II - La réforme monétaire de Néron :

En 64, Néron dévalue les monnaies précieuses pour les aligner aux monnaies provinciales grecques afin de faciliter les échanges commerciaux. Ainsi, l'aureus est abaissé à 7,22gr (pied 1/45eL) et le denier à 3,38gr (pied 1/96eL). Le dupondius, monnaie d'orichalque valant deux as, est désormais identifié par la présence de la couronne radiée sur la tête impériale mais il faut véritablement attendre l'époque des Antonins pour que cette astuce soit systématiquement utilisée. D'après les travaux de J.-B. Giard, l'atelier de Rome reprend la frappe des monnaies précieuses à la place de l'atelier gaulois de Lyon qui continue toutefois à fonctionner pour le bronze (présence d'un globe à la pointe du cou)

Plus tard, au début du IIe siècle, l'empereur Trajan, pour se procurer du métal argent devenu rare, décide de retirer de la circulation toutes les monnaies précieuses frappées antérieurement à la réforme de Néron pour les refondre. En même temps, il déprécie le titre de fin du denier à 850 millièmes au lieu de 930 mais cette monnaie, pivot du système monétaire, reste encore de bon aloi sous son règne grâce certainement au butin remporté lors des guerres Daciques et au contrôle des mines dans cette région.

III - La réforme monétaire de Caracalla :

Dès le règne personnel de Marc-Aurèle (161-180), à cause des conflits extérieurs qui se prolongent, mobilisant de ce fait sur une plus longue durée les soldats, l'économie monétaire impériale est fortement ébranlée. En effet, la hausse des dépenses militaires (soldes payées en deniers) oblige l'empereur à déprécier le denier à une époque où le métal argent devient plus rare. Ainsi, le titre (ou aloi) du denier d'argent ne cesse de chuter ayant pour conséquence la hausse des prix (inflation). A l'avènement de Septime Sévère en 193, le denier ne contient plus que 50 à 60% d'argent!
En 215, le fils de Sévère, Caracalla, décide de réformer la Monnaie en revalorisant l'argent: une nouvelle dénomination est fabriquée à cet effet - l'antoninianus (appelation moderne) - pièce pesant 5,11gr (1/64eL) et censée valoir deux deniers (la valeur double est marquée par le port de la couronne radiée sur l'avers). En fait, son contenu intrinsèque est faible (510 millièmes) et ne vaut que 1,5 deniers. C'est donc une monnaie réellement fiduciaire mais sa surévaluation est sans doute une astuce du gouvernement pour assurer le paiement des soldes que l'empereur venait d'augmenter. Elle est donc retirée de la circulation en 219.

L'équivalence monétaire est alors semble-t-il la suivante:

1 aureus = 25 antoniniens = 50 deniers = 200 sesterces = 400 dupondii = 800 asses

En mars 235, l'assassinat du dernier des Sévères, Alexandre, ouvre une période historique mouvementée, marquée par des "crises" diverses qui ébranlent les fondements mêmes de l'Empire romain.

Du point de vue monétaire, l'augmentation des dépenses militaires, combinée avec la chute des recettes de l'Etat, entraîne une dévaluation accélérée des monnaies. Ainsi, la dépréciation continue de l'argent met à mal sa relation avec l'or: le poids de l'aureus passe de 4,85gr sous Gordien III en 238 à moins de 2,50gr sous Gallien (260-268)!

Pour faire face aux dépenses militaires liées à la protection des frontières (menace Sassanide en Orient), on décide de refrapper l'antoninien en 238 au poids allégé de 4,60gr et au titre de fin de 470 millièmes. De 238 à 270, l'antoninien subit une dévaluation continue passant de 4,41gr sous Gordien III à 2,80gr au début du règne d'Aurélien. De même, son titre de fin passe de 470 millièmes en 238 à 25 millièmes en 270! A cette date, cette monnaie n'est plus qu'une vulgaire pièce de billon "saucée", c'est-à-dire d'une pièce de cuivre combinée à des métaux vils (plomb) recouverte d'une pellicule argentée pour faire illusion.

Le besoin permanent de numéraire "militaire" n'arrange pas la situation, aggravée par une surproduction monétaire de billons due à l'ouverture d'autres ateliers impériaux par Valérien et son fils Gallien dès 255/257 comme Cyzique, Trèves, Cologne, Antioche, Milan, Siscia, Sirmium...

IV - La réforme monétaire d'Aurélien:

Dans le cadre de sa politique de réunification de l'Empire, l'empereur Aurélien (270-275) décide de remettre de l'ordre dans le système monétaire dans le but de restaurer la confiance dans la monnaie et freiner l'inflation. Ainsi, au printemps 274, grâce à l'apport du butin palmyrénien et à la reprise des rentrées d'impôts en Gaule (cf. reddition du dernier "empereur gaulois" Tétricus (I) en 273), Aurélien peut revaloriser la Monnaie impériale.

Il propose ainsi:
  • un aureus de bonne qualité, comme sous le Haut-Empire, au titre de fin de 980 millièmes et au pied "caracallien" de 1/50eL soit un poids de 6,55gr. La parité est rétablie avec l'antoninien.
  • une nouvelle pièce de cuivre argenté (billon) baptisée "aurelianus" par J.-P.Callu qui présente un très bel aspect (flan large et bien découpé), taillée au pied 1/80eL soit un poids de 4,09gr. La présence de la couronne radiée sur l'avers marque la valeur double de cette pièce par rapport certainement au néo-denier. La marque XXI (ou KA en Orient) présente à l'exergue des revers semble signifier "20 pour 1" soit, selon les analyses physiques de sa composition métallique, "20 aureliani = 1 pièce d'argent pur" car chaque exemplaire contient 5% d'argent. Enfin, cette pièce se caractérise par l'adoption d'une typologie strictement "solaire" car Aurélien était adorateur du dieu Sol Invictus dont il avait organisé officiellement le culte à Rome.
  • une autre pièce de billon, le néo-denier, à l'effigie laurée, taillé au pied 1/124eL soit un poids de 2,64gr. Son titre de fin semble être de 2%.
  • le bronze est encore représenté par les trois dénominations classiques (sesterce, dupondius et as) mais ils ne portent plus la marque "SC" (Senatus Consulto= par décret du Sénat) et leurs poids sont abaissés respectivement à 18,75gr; 12,61gr et 7,93gr.

L'équivalence monétaire serait donc la suivante:

1 aureus = 400 aureliani = 800 néo-deniers = 16000 sesterces

Il réorganise aussi la répartition géographique des ateliers: il y a désormais huit ateliers impériaux divisés en 39 officines: les ateliers déjà existants de Siscia, Serdica, Antioche et Cyzique; la réouverture des ateliers de Rome et de Lyon et la création des ateliers de Tripoli (en Syrie) et de Pavie (Ticinum qui remplace Mediolanum (Milan) en Italie du nord). Reprenant une innovation introduite par Claude (II) (268-269/270) dans l'atelier de Cyzique (province d'Asie), il dote chaque atelier impérial d'un système clair de marques d'identification à l'exergue des revers pour individualiser les différentes productions.

Malgré toutes ces mesures, Aurélien ne put que freiner temporairement l'inflation qui reprit sous ses successeurs.

V - La réforme monétaire de Dioclétien:

En 286, l'empereur Dioclétien (284-305) tente de fonder un premier système monétaire basé sur l'or (aureus taillé au pied 1/60eL soit 5,45gr) mais cette belle monnaie est rapidement thésaurisée pour sa valeur précieuse à une époque où ne circulent que de mauvaises espèces.

Il décide donc en 294 de réformer totalement le système monétaire en proposant:

  • une belle monnaie d'argent - argenteus - taillée aux normes du denier néronien soit au pied 1/96eL (3,41gr) pour un bon titre de fin de 920 millièmes.
  • de nouvelles monnaies de billon argenté pour remplacer les aureliani dévalués et remédier au problème de la thésaurisation des belles espèces: le nummus (appelé à tort "follis") au type constant du "Génie du Peuple Romain" taillé au pied 1/32eL (10,23gr), au titre de fin de 5% et à la valeur de 12,5 deniers (unités de compte); le "néo-antoninien" au buste radié, taillé au pied 1/110e L (2,97gr) et valant 4 deniers; le "néo-denier" au buste lauré, taillé au pied 1/250eL (1,30gr) et valant 2 deniers.

L'équivalence monétaire serait alors la suivante:

1 aureus = 20 argentei = 80 nummi = 250 néo-antoniniani = 500 néo-deniers = 1000 deniers (unités de compte)

C'est l'étude du papyrus 2 de Panopolis découvert en 1964 qui permet de proposer cette équivalence sachant que ce document nous livre le prix de la livre d'or au 16 février 300 soit 60 aurei = 1200 argentei = 60000 deniers (unités de compte). Ces chiffres nous montrent aussi que le prix en deniers de la livre d'or a été multiplié par 60 depuis l'époque d'Auguste!

Malgré cette réforme qui vise à revaloriser l'unité de compte des prix (le denier) en mettant sur le marché une belle monnaie de billon (le nummus), l'inflation continue de s'aggraver à cause du volume monétaire trop important de pièces de mauvais billon (néo-antoninien) au cours forcé, ce qui eut pour conséquence directe, selon la loi de Gresham, d'inciter les gens à thésauriser les belles espèces (aurei, argentei et nummi), les empêchant ainsi de circuler. Le résultat fut que l'unité de compte ne s'accrocha qu'au seul néo-antoninien restant sur le marché alors même que les utilisateurs n'avaient aucune confiance dans cette monnaie ce qui déséquilibra l'équivalence monétaire admise en 294.

L'Etat dut se résoudre à la dévaluation des espèces: le 1er septembre 301 (cf. inscription d'Aphrodisias de Carie), la valeur des monnaies double (la valeur du nummus passe ainsi de 12,5 à 25 deniers). Le but du gouvernement est de faire réapparaître les bonnes espèces sur le marché. Cependant, devant la poursuite de l'inflation, la Tétrarchie publie l'Edit du Maximum des prix à la fin de cette même année 301 qui fixe un prix-plafond aux marchandises, salaires et services dans l'Empire, menaçant même de mort les contrevenants! La valeur des espèces est rabaissée: le nummus passe de 25 à 20 deniers.

VI - La réforme monétaire de Constantin (I):

Pour fournir un bon moyen de paiement aux hauts fonctionnaires et un instrument d'échanges satisfaisant aux grands commerçants, l'empereur Constantin (I) (306-337) créé une nouvelle pièce d'or, le solidus (nom signifiant "l'entier" ou "le massif"), frappé pour la première fois dans l'atelier de Trèves au printemps 310 et taillé au pied 1/72eL soit un poids plus léger que celui de l'aureus porté à 4,54gr. Cette nouvelle monnaie supplante définitivement l'aureus dévalué dans tout l'Empire après la victoire sur Licinius (I) en 324. Pour limiter l'inflation, il s'attache à maintenir une monnaie d'argent de qualité: il introduit le milliarensis en 320, taillé au pied 1/60eL puis réduit au pied 1/72eL en 324. Malgré ces innovations, l'or et l'argent circulent peu dans les transactions courantes et perdent leur valeur nominale au profit de leur poids!

Quant au monnayage de billon, Constantin fait frapper en abondance des nummi qui sont par conséquent rapidement dévalués et dépréciés: le poids du nummus s'abaisse ainsi à 8,18gr (1/40eL) en avril 307; à 6,82gr (1/48eL) en novembre 307 (en 308 dans l'ensemble de l'Empire); à 4,54gr (1/72eL) au printemps 310 (en 312 dans l'ensemble de l'Empire) et à 3,41gr (1/96eL) en 313.
En 318, Constantin (I) et Licinius (I) ordonnent de retirer de la circulation toutes les anciennes espèces de billon (aureliani, nummi...) afin de les refondre pour frapper une nouvelle monnaie de billon, appelée avec certitude nummus , pesant toujours 3,41gr (ou 3,38gr?), tarifée à 25 deniers et au titre de fin de 1,5%. En 321, Licinius réduit cette monnaie à 12,5 deniers sur son territoire (marque XII{gamma})

En 324, après l'élimination de Licinius, Constantin, face au problème permanent de l'inflation, décide d'augmenter la tarification du nummus de 25 à 100 deniers. C'est à partir de cette date, selon Roger Bagnall, que l'on peut attribuer le qualificatif de centenionalis au nummus.
A partir de 330, le centenionalis est réduit plusieurs fois pour économiser du métal afin de répondre à l'énorme demande en numéraire: il est abaissé au pied 1/132eL soit un poids de 2,48gr (type "Gloria Exercitus" à deux enseignes); puis au pied 1/192eL (1,70gr) en 336 (type "Gloria Exercitus" à une seule enseigne).

La nécessité permanente d'approvisionner en numéraire l'armée des frontières oblige l'empereur à maintenir en activité un nombre très important d'ateliers impériaux: Londres, Trèves, Lyon, Arles, Pavie, Rome, Aquilée, Carthage, Siscia, Sirmium, Thessalonique, Héraclée, Constantinople, Nicomédie, Cyzique, Antioche et Alexandrie.

L'adoption de l'étalon-or permet de restaurer les finances publiques mais creuse nettement l'écart entre les plus riches (seuls détenteurs de monnaies d'or) et les plus pauvres (utilisateurs forcés de monnaies dépréciées de billon).

VII - La réforme monétaire de Constance (II) et de Constans:

Pour revaloriser la monnaie de billon, afin de fournir une bonne monnaie aux classes inférieures et lutter contre l'inflation, les co-empereurs Constance (II) et Constans font frapper trois nouvelles espèces en 348: une maiorina pecunia taillée au pied 1/60eL (5,41gr); une maiorina légère au pied 1/72eL (4,51gr) et une 1/2 maiorina (ou nummus centenionalis) au pied 1/120eL (2,71gr).
Elles se caractérisent toutes par la légende constante "Felix Temporum Reparatio" ("le rétablissement des temps heureux") où l'empereur est mis en scène en train d'abattre un ennemi ou le traîner par les cheveux.

Cependant, les prix ne baissent pas et les maiorina disparaissent même de la circulation pour être illégalement fondues, afin de récupérer le peu d'argent qu'elles contiennent, à la grande indignation de Constans en février 349. En 355, la maiorina est dévaluée au pied 1/132eL (2,46gr) et Constance II finit par la retirer de la circulation peu de temps après pour se consacrer dorénavant à la valorisation de la monnaie d'argent: création de la silique, taillée au pied 1/144eL soit un poids de 2,27gr (= 1/2 milliarensis = 1/24 solidus).


VIII - La réforme monétaire de Julien (II):

Reprenant une innovation de l'usurpateur Magnence en Gaule, Julien (II) propose un système double du bronze en 362: une double maiorina (AE1) pesant 9,02gr (1/36eL) au type païen du "taureau" et une maiorina légère (ou nummus)(AE3) pesant 3,38gr (1/96eL).

Ainsi, sous son bref règne, le système monétaire semble le suivant:

1 solidus = 18 miliarense = 36 siliques = 240 double maiorina (ou follis) = 2400 maiorina (ou nummi)

IX - La réforme monétaire d'Anastase:

En 498, l'empereur romain d'Orient (byzantin) Anastase réforme le monnayage du bronze en créant des " multiples de nummi ", facilitant ainsi les grosses transactions. Des marques de valeur distinguent ces nouvelles monnaies appelées " follis " : par exemple, la lettre M, empruntée à la numération grecque, désigne la plus lourde de ces pièces, d'une valeur de 40 nummi.

Le système monétaire byzantin admet alors l'équivalence suivante : 

1 solidus = 12 miliarense = 24 siliques = 180 folles (pds unitaire de 9,02gr) = 7200 nummi (pds unitaire de 1gr).

D'abord léger (9,02gr) et de flan étroit (22mm), le follis devient une pièce conséquente de 512 à 538, pesant 18,04 gr pour un diamètre de 38mm. En 538, la réforme monétaire de Justinien I introduit dans la circulation le type au " buste impérial de face " imprimé sur un flan encore plus lourd (27,06gr). En 548, on en revient au poids initial de 18,04gr.







 


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